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Le Magazine Littéraire

Prix Strega 2017 : Paolo Cognetti au sommet

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 vendredi 7 juillet 2017
Avec son second roman intitulé « Le otto montagne, » traduit en français sous le titre « Les huit montagnes » (Stock, le 28 août prochain), Paolo Cognetti remporte la célèbre version italienne du Prix Goncourt.
208 voix sur 660. La victoire est écrasante pour celui qui était désigné comme le grand favori de la compétition et qui avait déjà gagné le « Strega Giovianno »  (l’équivalent de notre Goncourt des lycéens) le 14 juin dernier. Ennio Flaiano, Primo Levi, Umberto Eco ou encore Claudio Magris… À seulement 39 ans, Paolo Cognetti voit déjà son nom tutoyer celui plus grands auteurs italiens sur la liste des lauréats du prestigieux Prix Strega.
Tradition oblige. La lavallière noire noblement attachée autour du cou, c’est avec des lampées de liqueur Strega – le prix fut créé en 1947 par Guido Alberti à qui appartenait distillerie Liquore Strega – que l’écrivain milanais a célébré sa victoire – qu’il dédie à son amour de toujours : « la montagne qui est un monde abandonné, oublié et détruit. Je me suis dévoué à trouver comment la raconter, à m’en faire le porte-parole. J’ai cherché à faire le lien entre la montagne, d’un côté, la plaine et la ville de l’autre ».
C’est bien De l’autre côté des montagnes, pour reprendre un titre de Samuel Butler, que va se dérouler toute l’intrigue du roman, qui suscite le rêve dès sa quatrième de couverture : « Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes.  Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana,  au cœur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la  montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers,  puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié. Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès  de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son  passé – et son avenir ».
Pour ce roman d’apprentissage aux allures autobiographiques et aux accents transcendentalistes, l’ancien étudiant en mathématiques s’inscrit dans la lignée de Ralph Waldo Emerson, Henry David Thoreau ou encore Élisée Reclus dont il revendique explicitement l’héritage. Il renoue avec le genre du Nature writing auquel il s’était déjà essayé avec son carnet de montagne intitulé Le Garçon sauvage. Il y racontait, tel un Thoreau des alpages, ses escapades à 2000 mètres d’altitude, au cœur de la vie sauvage des sommets.
Cette fois, toujours loin de la civilisation urbaine, Paolo Cognetti nous offre une belle histoire d’amitié qui résonne, dans le silence effrayant des espaces montagneux, comme un hymne à la nature et à ses vertus. Se perdre dans les dédales de ces chemins qui ne mènent nulle part pour mieux se retrouver car finalement comme le dit si bien l’un des personnages : « Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes. ».
Qualifié par la presse italienne de « phénomène littéraire » dès sa parution, en cours de traduction dans pas moins de 31 pays, Les huit montagnes qui paraît en France fin août aux éditions Stock, fait partie des romans à surveiller de près à la rentrée.